Tu vises un stage en M&A mais tu ne sais pas vraiment ce que tu feras une fois dans l’équipe ? C’est normal : les fiches de poste restent vagues, et le quotidien d’une banque d’affaires se raconte peu. Voici, concrètement, à quoi ressemblent tes journées — et ce que les recruteurs regardent quand ils te confient ces missions.

Où se situe le stagiaire dans l’équipe

En M&A, on travaille en équipe deal : un Managing Director (MD) qui pilote la relation client, un Vice President (VP) qui structure et coordonne, un associate qui supervise l’exécution, et un ou deux analystes — c’est là que tu te situes, en bas de la chaîne mais au cœur de la production.

Concrètement, tu produis la matière première : les analyses, les chiffres et les documents que les seniors présentent au client. Ton travail n’est jamais « juste un brouillon » : une erreur dans un fichier remonte vite et coûte cher en crédibilité.

En stage, on ne juge pas d’abord ta brillance : on juge si on peut te faire confiance sur un livrable à 2 h du matin.

Excel : la modélisation financière

C’est le cœur technique du métier. Tu passes une grande partie de ton temps sur des modèles : projection des états financiers, valorisation par DCF, analyse de comparables, modèle de LBO, modèle de fusion (relution/dilution).

Ce qu’on attend de toi :

  • des fichiers propres et auditables (formules cohérentes, pas de chiffres « en dur » au milieu d’une formule) ;
  • la capacité à retrouver tes hypothèses et à les justifier ;
  • de la vitesse, mais jamais au prix d’une erreur silencieuse.

Si tu veux prendre de l’avance, travaille les fondamentaux testés en entretien — c’est exactement la même matière : voir les questions techniques en entretien M&A.

PowerPoint : pitchbooks et supports client

L’autre grande moitié du temps. Les pitchbooks sont les présentations que la banque utilise pour décrocher ou exécuter un mandat : profil de l’entreprise, analyse du marché, options stratégiques, valorisation, liste d’acquéreurs ou de cibles potentiels.

La mise en forme compte autant que le fond : alignements, cohérence des sources, formatage maison. C’est fastidieux, et c’est précisément là qu’on teste ton attention au détail.

Sourcing, recherche et due diligence

Entre deux livrables, tu produis beaucoup de recherche : profils d’entreprises, études sectorielles, listes d’acteurs (« buyer lists »), recherche de comparables et de transactions précédentes.

Quand un deal avance, tu participes à la due diligence : organisation de la data room, suivi des questions-réponses, synthèse des informations financières. Tu vois alors comment une opération se construit réellement, au-delà de la théorie.

La réalité des horaires

Autant le dire franchement : les horaires sont lourds et imprévisibles. Une journée calme peut basculer parce qu’un client veut un document pour le lendemain matin. Savoir encaisser ce rythme, rester fiable sous pression et communiquer quand tu es surchargé fait partie intégrante du job.

Ce n’est pas un détail : beaucoup de candidats brillants techniquement échouent parce qu’ils sous-estiment cette dimension. Pour t’y préparer mentalement, regarde aussi la vie d’un analyste M&A.

Ce que tu en retires

Un stage en M&A t’apprend trois choses qui te suivront partout : la rigueur analytique, la résistance à la pression et une vraie compréhension de la finance d’entreprise. C’est aussi, le plus souvent, la voie d’accès la plus directe à un poste d’analyste en CDI — d’où l’enjeu de réussir son summer internship.


Pour la vue d’ensemble du format et son calendrier : Stage M&A : formats, prérequis et stratégie.