Tu as passé le tour de fit et les questions techniques, et là on te met devant un Excel vide ou un fichier à compléter. Le test Excel surprend beaucoup de candidats parce qu’il ne ressemble à aucun examen scolaire : on juge ta façon de travailler autant que ton résultat. Dans cet article, tu vas voir les types d’exercices qui tombent, ce que le recruteur observe vraiment derrière l’écran, et les erreurs qui éliminent un candidat même quand le résultat final est juste.
Pourquoi ce test existe
Le quotidien d’un stagiaire en M&A se passe en grande partie sur Excel. Le test sert donc à vérifier une chose simple : seras-tu opérationnel sans qu’on doive tout reprendre derrière toi ?
Un modèle juste mais illisible donne plus de travail à l’équipe qu’un modèle un peu incomplet mais propre et auditable.
On ne cherche pas un magicien des formules. On cherche quelqu’un de fiable : qui structure son travail, qui ne casse pas un fichier en deux clics, et qui produit quelque chose qu’un analyste peut relire en trente secondes. Cette exigence de rigueur recoupe d’ailleurs ce qu’on attend sur le reste des questions techniques en entretien M&A.
Les types d’exercices fréquents
Le format varie selon la banque, mais on retrouve quelques grandes familles.
Le test de rapidité et de manipulation
Un exercice court où l’on te donne des données brutes à nettoyer, trier, mettre en forme, avec quelques formules. Objectif : voir si tu te déplaces vite et proprement dans une feuille. C’est souvent là qu’on observe ton usage des raccourcis clavier.
Le mini-modèle financier
On te demande de construire ou compléter un modèle simple : un compte de résultat projeté sur quelques années, un calcul de marge, parfois un enchaînement vers un flux de trésorerie. On teste ta logique de modélisation et ta capacité à relier des hypothèses à des résultats.
Le cas de valorisation guidé
Plus rare en stage, mais possible : un DCF à compléter ou un tableau de comparables à construire à partir de données fournies. On veut voir si tu sais traduire un concept de valorisation en cellules cohérentes.
Le test de correction
On te remet un fichier qui contient des erreurs et tu dois les trouver. Excellent révélateur de ta capacité d’audit, qui est exactement ce qu’on fait toute la journée sur les modèles d’autrui.
Ce que le recruteur regarde vraiment
Au-delà du bon résultat, plusieurs signaux pèsent lourd.
- Le référencement de cellules. Tu lies tes formules à des cellules d’hypothèses, tu ne réécris pas un chiffre en dur au milieu d’un calcul. C’est le critère numéro un.
- La séparation hypothèses / calculs / résultats. Un bon fichier sépare visuellement ce qu’on saisit de ce qui se calcule. Convention fréquente : les entrées en bleu, les formules en noir.
- La cohérence et l’équilibre. Si un bilan doit boucler, il boucle. Une feuille de contrôle ou une ligne de vérification est très bien vue.
- La lisibilité. Largeurs de colonnes propres, formats de nombres homogènes, libellés clairs. Le recruteur doit comprendre ton fichier sans toi à côté.
- La vitesse au clavier. Pas une fin en soi, mais un bon indicateur de pratique réelle.
Les raccourcis et réflexes à maîtriser
Tu n’as pas besoin de tout connaître, mais certains automatismes font la différence dès les premières minutes.
- Navigation rapide : sauter en bord de plage de données, sélectionner des blocs, te déplacer sans la souris.
- Les références absolues et relatives : savoir verrouiller une ligne, une colonne ou les deux est non négociable.
- Les fonctions de recherche et de condition usuelles, ainsi que les agrégats de base.
- Le collage spécial (valeurs, formats) et la recopie de formules sans casser les références.
- Les formats rapides : nombre, pourcentage, milliers, sans passer par les menus.
Le meilleur entraînement reste de reconstruire un petit modèle de zéro, plusieurs fois, en t’interdisant la souris. La fluidité vient par la répétition, pas par la lecture d’une liste de raccourcis.
Les erreurs éliminatoires
Certaines fautes coûtent le poste même quand le chiffre final est bon.
- Hardcoder une valeur dans une formule. Mélanger une saisie et un calcul dans la même cellule est le signal d’un débutant. C’est l’erreur que les recruteurs traquent en premier.
- Casser le fil des références. Un copier-coller maladroit qui décale toutes les formules, et le modèle devient faux partout.
- Rendre un fichier illisible. Couleurs anarchiques, colonnes désordonnées, libellés absents : même juste, ton travail est inexploitable.
- Ne pas vérifier. Rendre sans relire, sans ligne de contrôle, sans tester un cas extrême. Un modèle non vérifié inspire la méfiance.
- Rester bloqué en silence. Si tu cales, dis ce que tu cherches à faire. On préfère un candidat qui verbalise sa logique à un candidat figé.
Comment t’y préparer efficacement
La préparation au test Excel se construit par la pratique, pas par la théorie.
- Reconstruis des modèles simples à répétition : un compte de résultat projeté, un petit DCF, un tableau de comparables. Chronomètre-toi pour t’habituer à la pression.
- Bannis la souris pendant tes sessions d’entraînement. C’est inconfortable au début, puis ça devient un réflexe.
- Adopte une convention de mise en forme et garde-la sur tous tes fichiers : tu gagnes du temps et tu rends un résultat homogène.
- Apprends à auditer : prends un modèle existant et cherche les erreurs. Ça muscle exactement la compétence testée dans les exercices de correction.
Garde en tête que le test Excel et l’exercice PowerPoint évaluent la même qualité de fond : ta capacité à livrer un travail soigné et fiable. Si tu veux couvrir cet autre versant de l’évaluation pratique, regarde le test PowerPoint et le pitchbook en entretien M&A. Les deux récompensent les mêmes réflexes : structure, propreté, relecture.


